L’ampleur et la brutalité des massacres commis depuis samedi en Israël-Palestine doivent être regardées dans toute leur horreur et leur caractère insoutenable.
Nous déplorons les centaines de vies israéliennes arrachées par l’opération palestinienne, comme les actes de tortures et les prises d’otages, notamment d’enfants. De même que nous déplorons les tueries indiscriminées menées par l’Etat d’Israël sur la bande de Gaza et qui ont arraché des centaines de vies palestiniennes. Nous adressons notre compassion et notre solidarité la plus totale envers l’ensemble des victimes de emportées par cette guerre. Tout indique que les autorités israéliennes se préparent à commettre un massacre à grande échelle à Gaza, avec le soutien des chancelleries occidentales convaincues du « droit d’Israël à se défendre ». De son côté, le Hamas s’est déclaré prêt à exécuter les otages qu’il détient si l’Etat israélien poursuivait les bombardements visant les civils palestiniens. Nous sommes suspendus au temps : soit cela s’arrête immédiatement pour ouvrir des négociations, soit le bain de sang s’intensifiera, exposant Palestiniens et Israéliens à encore plus de brutalité.
La compassion envers les victimes de la guerre ne suffit pourtant pas à comprendre ce qui se joue en Israël-Palestine. Aborder le déferlement de violence auquel nous assistons sans le situer dans son contexte politique et militaire, c’est renoncer à traiter le fond du problème et à tenir une proposition politique opérante. La violence et la brutalité de la séquence actuelle ne doit pas oblitérer la nature coloniale du conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens. Ce sont les structures et les politiques coloniales, largement intensifiées par le gouvernement israélien ces derniers mois, qui produisent une violence systématique et quotidienne à l’encontre des Palestiniens. Celle-ci est irrémédiablement amenée à ricocher sur la population israélienne que le régime colonial enrôle dans la guerre et la colonisation. Le pouvoir israélien entretient historiquement le flou entre les catégories civile et militaire : chaque citoyen y est un soldat et un colon, même à son corps défendant. Là réside, aussi, la tragédie de la région.
Il est impératif de ne pas céder au narratif qui s’installe dans les paysages médiatiques et politiques et qui présente l’Etat israélien comme une démocratie en proie au à un « terrorisme » visant à blanchir les crimes israéliens. La résistance, y compris armée, est légitime dans un contexte d’oppression et de déni des droits fondamentaux d’un peuple. Inquiets pour nos proches en Israël-Palestine, nous partageons la peine et la peur des juif.ve.s de France face à la situation actuelle. Mais il est nécessaire de rappeler que le chemin vers la paix entre la mer et le Jourdain ne pourra passer que par la fin de ce système colonial.
En persistant dans sa politique coloniale, le gouvernement israélien expose la population israélienne à la violence et à la brutalité inhérentes à une telle politique et normalise l’idée que seule une société hautement militarisée et unie autour d’un “ennemi” à combattre pourrait assurer la sécurité des juif.ve.s d’Israël et de la diaspora. Nous réaffirmons qu’il est urgent de mettre à bas ces institutions et que seule la reconnaissance des droits des Palestiniens et de l’égalité entre Israéliens et Palestiniens peut réunir les conditions pour sortir de la barbarie. La “paix” restera un idéal illusoire tant que le régime colonial et le blocus de Gaza persévèreront. Au vu des événements récents, de la mobilisation massive des forces israéliennes et des déclarations génocidaires d’officiels israéliens, la spirale de la vengeance et de l’horreur n’est pas prête de s’arrêter. Nous réaffirmons notre entière solidarité avec la lutte du peuple palestinien contre la colonisation et l’oppression israélienne, ainsi que notre solidarité avec toutes les victimes de la guerre.
