Face à la menace fasciste, restons mobilisés contre la loi immigration

En votant la loi immigration la plus xénophobe de la Ve République, le gouvernement, main dans la main avec l’extrême droite, a franchi un nouveau cap dans son tournant illibéral, raciste et autoritaire.

La loi immigration s’attaque aux droits fondamentaux de l’ensemble des étranger·es et des binationaux présent·es en France. Restriction du rapprochement famillial, instauration de la préférence nationale pour l’octroi d’allocations familiales, restriction du droit du sol, expulsion et criminalisation des sans-papiers et des étranger·es, cette loi n’a qu’un seul but : faire des étranger·ers des indésirables, en les plaçant en sursis à chaque étape de leur parcours migratoire, mais aussi après leur installation en France.

Cette loi renforce la xénophobie et le racisme inhérents à l’État-nation français, et confirme la fascisation en cours. Dans une société qui serait marquée, selon Emmanuel Macron, par un “processus de décivilisation”, cette loi impose un projet d’hégémonie raciale et culturelle qui restreint les libertés des étranger·es non-blanc·hes. Car c’est cela dont il s’agit : la loi immigration est bien une réponse à la théorie raciste du “grand remplacement”. 

Aujourd’hui, la population immigrée non-blanche n’est pas seulement altérisée, mais présentée comme une menace existentielle pour la civilisation occidentale – menace qui autoriserait  son exclusion de la communauté nationale. Cette idée est brandie aussi depuis plusieurs années pour justifier le traitement inhumain réservé aux exilé·es en Méditerranée par l’Union Européenne, ou à Calais par la police française. Elle fait aussi des étranger·es des travailleurs exploitables, les maintenant dans le statut de sans-papiers. Ils et elles doivent être utiles, sans être visibles.

Cette gestion migratoire trouve ses racines dans le passé colonial de la France et s’inscrit dans l’actualité de son impérialisme. Elle participe des rapports d’exploitation et de domination entre la France et ses anciennes colonies, aux côtés d’autres dispositifs comme les interventions militaires, le pillage des ressources ou la corruption. Les idées et discours racistes sont normalisés dans le débat public et dans le traitement de l’actualité, entretenant un imaginaire xénophobe et une conception raciale de la nation. La théorie du “grand remplacement” souvent mobilisée contre les étranger·es et les musulman·es trouve quant à elle ses sources dans le complotisme antisémite et le fantasme de la domination juive. Nous ne pouvons fermer les yeux sur la continuité historique du complotisme antisémite avec l’islamophobie et la xénophobie contemporaine. L’hégémonie idéologique de l’extrême droite, incarnée par la loi immigration, menace toutes les minorités nationales en France.

Nous saluons le combat acharné que mènent les collectifs de sans-papiers et leurs soutiens contre cette loi depuis plus d’un an et nous nous tenons à leurs côtés. Le 14 janvier, nous marcherons pour réaffirmer notre opposition à cette loi et à toutes les lois racistes, antisociales et autoritaires d’un gouvernement qui ne cache désormais plus sa radicalisation à l’extrême-droite. Cette loi n’est qu’une étape.

Le gouvernement s’est déjà engagé à réformer l’aide médicale d’État, tandis que Les Républicains souhaitent une réforme constitutionnelle pour supprimer toutes les barrières légales qui protègent encore les droits des étranger·es. Enfin, le RN, qui par son vote a permis l’adoption de la loi, évoque “une victoire idéologique”, faisant de cette loi un aperçu du programme politique qu’il pourrait mettre en place dans l’hypothèse, de plus en plus probable, de son accession au pouvoir en 2027.

Face à la menace fasciste qui se drape dans les habits de la bourgeoisie libérale, nous répondrons par la solidarité, pour l’accueil inconditionnel, la dignité et la défense des droits fondamentaux de tous·tes les étranger·es présent·es en France.

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