Avec la convocation de Rima Hassan par la Police judiciaire pour apologie du terrorisme, un nouveau cap est franchi dans la répression qui s’abat en France depuis le 7 octobre sur toute voix exprimant sa solidarité avec le peuple palestinien.
Hier déjà, nous apprenions avec consternation la censure inacceptable d’une conférence conjointe de Jean-Luc Mélenchon et de Rima Hassan à l’université de Lille, la condamnation à un an de prison avec sursis du secrétaire départemental de la CGT dans le Nord pour le même motif fallacieux d’apologie du terrorisme, ainsi que la tentative d’interdiction de la marche du 21 avril à Paris contre le racisme, l’islamophobie, et pour la protection des enfants.
Avec cette nouvelle tentative d’intimidation, d’autant plus inquiétante qu’elle concerne une candidate de l’opposition aux élections européennes du 9 juin, l’État français démontre encore un peu plus son renoncement aux principes démocratiques élémentaires censés garantir le pluralisme et la libre expression du dissensus politique. Elle s’inscrit dans une criminalisation plus large de toute forme d’opposition – mouvement sociaux, syndicats, partis politiques. Elle témoigne en réalité du projet plus vaste d’un pouvoir aux abois : la redéfinition d’un nouvel arc républicain, avec l’extrême-droite et contre la gauche, dont le racisme, et plus particulièrement l’islamophobie, constitue le ciment.
Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la criminalisation dont font l’objet les défenseur•euses du peuple palestinien, alors même que le génocide à Gaza se poursuit avec la complicité des gouvernements des États occidentaux. Nous exprimons notre complète solidarité avec Rima Hassan, comme avec toutes celles et ceux sur qui s’abat indûment la répression d’État. Nous déplorons enfin, devant ce processus délétère, le relatif silence de certains partis et organisations se réclamant des luttes de l’émancipation.
Face à un pouvoir dont nous savons désormais qu’il ne reculera devant rien pour nous faire taire, il est plus urgent que jamais de constituer un front uni sur des mots d’ordres clairs : cessez-le-feu, fin du génocide, arrêt de la répression dont font l’objet celles et ceux qui expriment leur solidarité avec le peuple palestinien et dénoncent l’impérialisme et le racisme occidental.
