Aujourd’hui, 19 mars 2026, comme chaque année, nos pensées se dirigent vers Myriam Monsonego, Arié, Gabriel et Jonathan Sandler, victimes de l’attentat perpétré par Mohamed Merah contre l’école juive Ozar Hatorah en 2012 à Toulouse.
En ce triste jour, la commémoration officielle a été le lieu d’un sinistre affront mémoriel.
Yung Yude, rappeur juif anticolonialiste, membre de Tsedek! et lui-même scolarisé à Ozar Hatorah à l’époque de la tuerie, a été violemment pris à partie alors qu’il accompagnait François Piquemal, député LFI et candidat de la gauche unie à la mairie de Toulouse : agrippé à plusieurs reprises, menacé de mort, il a été insulté tout au long de la cérémonie par des soutiens du régime criminel israélien.
Au moment du dépôt d’une gerbe de fleurs, les député·es François Piquemal, Hadrien Clouet et Anne Stambach-Terrenoir ont également été hué·es, et notamment qualifié·es de « fascistes ». Ces insultes sont d’autant plus abjectes que l’antiracisme et la lutte contre les discriminations ont été des points centraux de l’engagement politique de François Piquemal tout au long de sa carrière, et qu’il œuvre depuis plusieurs années à la création à Toulouse d’un mémorial dédié aux victimes de Mohamed Merah, et d’un musée portant sur la résistance juive.
Ces faits sont de notoriété publique, mais importent vraisemblablement peu aux yeux de celles et ceux qui, radicalisé·es par les campagnes de diffamations quotidiennes visant LFI, en viennent à imaginer qu’il puisse exister la moindre porosité idéologique et politique entre la principale force de gauche et Daesh.
« On sait où t’habites ! T’es mort ! », « On va vous faire un second trou », « T’es le prochain ». Nul doute que la situation aurait pu dégénérer en véritable lynchage sans l’intervention du service d’ordre de la France Insoumise, dont nous saluons le professionnalisme.
Cette obscénité n’est pas un simple dérapage : elle est une nouvelle illustration du degré de fascisation des militant·es sionistes, qui en viennent à qualifier de « traître » un ancien élève d’Ozar Hatorah venu se recueillir en raison du message de paix qu’il porte.
Les chansons de Yung Yude reflètent le cheminement qui l’a mené à ses prises de position actuelles, et témoignent de son combat contre toutes les formes d’injustices, et plus particulièrement contre le génocide en cours en Palestine.
Ses valeurs, ainsi que celles que portent les projets mémoriels initiés par François Piquemal pour la ville de Toulouse sont aussi les nôtres.
Parce que la mémoire est politique, et que nous refusons absolument l’instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme au service d’un agenda raciste et réactionnaire, au mépris de la volonté de celles et ceux qui en sont aussi les victimes,
Nous adressons notre plein soutien à notre frère Yung Yude ainsi qu’à François Piquemal.

